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Cinq romans qui nous rapprochent desautres : le prix littéraire Europe 1 - GMF

Qu’est-ce qui nous pousse à nous engager, qu’est-ce qui nous rapproche des autres ? Il y a autant de réponses à ces questions qu’il y a d’histoires humaines à raconter. Pour célébrer une littérature au service du collectif, de la solidarité et de l’humain, GMF s’est associée à la radio Europe 1 pour créer un nouveau prix littéraire. Le jury a retenu cinq livres sur les conseils de Nicolas Carreau, spécialiste littéraire d'Europe 1 et parrain du prix :

30 juin 2020

3 minutes

La rencontre de deux mondes, celui des comédiennes et des soldats
Carl Aderhold,Lauréat du prix Europe 1-GMF pour Le théâtre des nuits

Ce qui est nommé reste en vie, de Claire Fercak (éd. Verticales), un récit choral de patients atteints d’une incurable tumeur au cerveau et de leurs proches. Lire un extrait ici.

Dans Le courage des autres, (éd. Grasset), Hugo Boris rassemble des récits courts, qui ont pour fil rouge l’évocation de nos peurs et ces transports en commun où nous nous cotoyons sans nous regarder... jusqu’au jour où l’on se rencontre. Lire un extrait ici.

Le théâtre des nuits, de Carl Aderhold (éd. Stock), part de l’histoire vraie des acteurs envoyés jouer du vaudeville sur la ligne de front, en pleine Première guerre mondiale. Lire un extrait ici.

La belle Hélène, de Pascale Roze (éd. Stock), apprend à ses étudiants de Sciences-Po comment enrichir la vie par la littérature. Un jour, une rencontre de hasard lui fait retrouver sa joie de vivre. Lire un extrait ici.

Monsieur le maire, de Pascal Grégoire (éd. du Cherche-Midi). Condamné pour meurtre, le maire d’un village revient sur ses quinze ans d’engagement au service de sa commune. Voir le livre ici.

Le théâtre des nuits raconte la rencontre étonnante de comédiens et de soldats, pendant la Première guerre mondiale…

C’est la rencontre de deux mondes qui a priori n’ont rien à faire ensemble : celui des comédiens venus jouer des pièces légères, du vaudeville, et en face, celui des soldats, un monde de combats et d’inhumanité. Pourtant, le lieu où se déroule la guerre est souvent nommé le théâtre des opérations : mais qu’est-ce qui est le plus vrai et le plus intensément humain, le théâtre ou la ligne de front ?

La vie de comédienne qu’incarne Blanche, l’héroïne, n’est pas toute rose…

Le monde du théâtre était très rude, surtout pour les comédiennes. Elles devaient se faire une carrière, payer leurs propres costumes, et étaient souvent traitées guère mieux que des prostituées. En devenant une vraie comédienne, Blanche prend confiance en elle et se libère peu à peu de son carcan. 

Quelles sources avez-vous utilisées pour construire votre récit ?

La Comédie Française a gardé les archives de toute la tournée au front, soit 1200 représentations en trois ans et demi : les registres, les noms des comédiens, les bombardements qui interrompaient les déplacements… On trouve aussi les menus des dîners que les comédiennes partageaient avec les officiers, signés de petits mots, et même le journal intime d’une jeune comédienne, qui raconte sa rencontre avec les soldats, de jeunes voyous parisiens, qu’elle découvre bienveillants et respectueux.

Comment vous êtes-vous détaché de la propagande de guerre pour faire du Théâtre des nuits un récit bien humain ?

1916 était une période très patriotique. J’ai dû gratter sous les phrases toutes faites pour retirer les folles déclarations anti-boches, qui nous semblent aujourd’hui désuètes et vides de sens, et retrouver l’humanité de ces comédiens et de ces soldats. 

Propos recueillis par Clara Tomasini

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