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Travailleurs en horaires décalés :votre sommeil est précieux

Médecins, infirmières, aides-soignantes, personnel hospitalier… vous êtes très souvent appelés à travailler en horaires décalés. Ce rythme est loin d’être sans conséquences sur la qualité de votre sommeil. Précisions.

07 sept. 2020

2 minutes

Pour répondre aux exigences de continuité du service, les hôpitaux ont besoin d’instaurer des horaires décalés. Mais quelles sont les répercussions de ce rythme sur la santé du personnel ? Manque de sommeil, fatigue chronique, hypertension, mauvais régime alimentaire… Dans son dossier de janvier 2019, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) évoque les dangers des “horaires atypiques”. Heureusement, il existe des solutions pour travailler dans le milieu hospitalier tout en respectant son horloge biologique.

Sans surprise, la première règle consiste à prendre soin de son sommeil. Pour être en forme, il faut dormir au moins 7 heures consécutives. Si l’insomnie persiste, c’est qu’il est temps de mettre en place des conditions favorables au sommeil. Au programme : obscurité totale, température de la chambre entre 18 et 20°, calme et écrans éteints. En effet, leur lumière empêche la synthèse de la mélatonine, hormone du sommeil. Enfin, pour mettre toutes les chances de son côté, rien de tel qu’une bonne douche… fraiche ! Le corps a besoin d’abaisser sa température pour plonger dans les bras de Morphée.

Vive les siestes !

Certains soignants peinent à dormir 7 heures d’affilée. Il est alors essentiel de récupérer à l’aide d’une sieste. Mais attention : toutes ne se valent pas. Pour compenser efficacement le manque de sommeil, il faut privilégier les sommes de 15-20 minutes, qui permettent de profiter d’une phase de sommeil léger. Hormis les cas où l’on travaille de nuit, les experts de l’Institut National de Vigilance du Sommeil (INVS) préconisent de faire la sieste entre 13 et 15 heures. Après 16 heures, cela a un impact sur la qualité du sommeil de nuit. A contrario, si c’est une longue nuit de garde qui se profile, les experts de la clinique du Sommeil Beaulieu recommandent de dormir 1H à 1H30 avant d’aller travailler.

L'oeil de l'expert “Les gens qui travaillent en horaires décalés dorment souvent 1 heure de moins que ceux qui travaillent de jour. Or une heure de moins par 24 heures, ça fait 5 à 6 heures de moins par semaine… Soit 40 à 50 nuits perdues par an ! On conseille donc de rattraper l’heure qui manque sous forme d’une grande sieste ou de 2 petites.”
Pr. Damien Léger,Chef de service au Centre du Sommeil et de la Vigilance, Paris

La bonne initiative

Le service des urgences de l’hôpital d’Evreux a mis en place un protocole de sieste pour tout le personnel. “Un soignant reposé, c’est un patient en sécurité”, assure François Haupais, cadre de santé.

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