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Covid-19 : l’arméesur tous les fronts

À travers l’opération « Résilience », l’armée s’engage avec force dans la bataille contre le coronavirus.

29 avr. 2020

2 minutes

Lancée le 25 mars dernier, l’opération « Résilience » coordonne l’engagement de nos armées dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Cette opération est centrée sur l’aide et le soutien aux populations, en métropole et en outre-mer, dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection. Entraînée pour protéger le pays à l’intérieur et hors de nos frontières, l’armée a dû s’adapter à une nouvelle forme de mobilisation et d’engagement pour répondre aux demandes du ministère de la Santé, des agences régionales de santé (ARS) et des préfets.

DES ACTIONS SPECTACULAIRES

Les actions menées par notre armée sont multiples et forcent l’admiration, comme l'installation en urgence de l'EMR (Élément militaire de réanimation), l’hôpital militaire de campagne de 30 lits mis en place en seulement six jours pour soulager le centre hospitalier de Mulhouse. Au plus fort de la crise dans le Grand Est, ce sont au total 90 personnels soignants du Service de santé des armées et 30 militaires du régiment médical de l’armée de Terre qui ont été mobilisés.

Mais c’est aussi dans les airs et sur mer que les militaires interviennent depuis le début de la crise. Des rotations de l'A330 « Phénix », équipé du kit médical Morphée permettant d'acheminer à chaque vol six malades en réanimation vers des hôpitaux disponibles, au navire de guerre « Tonnerre » mis à disposition pour évacuer des patients de Corse vers le continent, l’opération « Résilience » nécessite des moyens considérables.

EN MÉTROPOLE ET EN OUTRE-MER

Outre-mer, cette mobilisation s’est notamment traduite par le déploiement, aux Antilles, à la Réunion et à Mayotte, des deux porte-hélicoptères, le Dixmude et le Mistral, disposant chacun d’un hôpital de bord de 69 lits. Et sur le terrain aussi l’armée est active. Début avril, un convoi de l’agence régionale de santé (ARS) s’est ainsi rendu au pôle aéronautique étatique (PAE), emprise sécurisée sous le commandement des Forces Armées aux Antilles (FAA), afin d’y entreposer temporairement 32 respirateurs médicaux arrivés de métropole par avion et destinés aux centres hospitaliers de Guadeloupe et de Martinique.

Dans le cadre de cet engagement inédit, tout comme lors de leurs missions classiques, les forces armées peuvent compter sur le soutien de GMF au travers d’Unéopôle, le premier pôle mutualiste de protection sociale de la communauté sécurité-défense créé avec les mutuelles Unéo et MGP.

A bord du Dixmude

Suite à l'annonce du Président de la République le 25 mars 2020, le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude a appareillé le 3 avril en direction des territoires ultra-marins des Antilles et de la Guyanne. Sa mission, porter assistance aux populations locales dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. A son bord, l’aspirant Axel évoque pour vous son état d’esprit et sa mission. Entretien.

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Quel est votre état d’esprit en vous retrouvant ainsi au cœur de l’opération Résilience ?
Engagé en tant que volontaire officier dans la Marine nationale, j’ai eu l’opportunité d’embarquer à bord du porte-hélicoptères amphibie Dixmude après 2 mois de patrouille en sous-marin. C’était une réelle opportunité car le bâtiment a été mobilisé dans l’opération Résilience, quelques semaines après mon embarquement. Avant même de partir, nous nous sentions déjà impliqués dans quelque chose d’inédit. C’était la première fois dans mon année de volontariat que mon engagement prenait tout son sens. En parallèle, c’était aussi le saut vers l’inconnu : je partais sans connaître ni les détails de l’opération, ni la fonction qui allait m’être réellement attribuée à bord, ni même la façon dont la situation sanitaire pouvait évoluer dans les jours à venir. Je comprends alors que ce goût prononcé pour l’aventure et cette capacité à s’adapter reflètent la mentalité des marins de la Marine nationale.
Aujourd’hui, je suis fier. Fier d’avoir participé à une opération utile alors que mes camarades et mes proches sont confinés et fier de ce que ce bateau, son commandement et bien évidemment son équipage ont réussi à faire dans des conditions sanitaires complexes.

Quelle est concrètement votre mission sur le Dixmude ?
A bord, je suis chargé de suivre les consommations du bâtiment en gasoil et en essence, la production d’eau douce ainsi que la disponibilité des capacités d’embarcations et de véhicules présents à bord. Une fonction qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur les dimensions opérationnelles du navire et sur leur évolution jours après jour.
Je suis également co-responsable de l’imprimante 3D du bord. Grâce à cette dernière, nous avons redonné au porte-hélicoptères amphibie Dixmude la possibilité de produire ses propres pièces, que ce soit des pièces de rechange ou tout autre matériel. Cela nous a par exemple permis d’imprimer des visières 3D pour le personnel médical dans le cadre de la menace Covid-19 mais aussi de concevoir des interrupteurs, bouchons, boîtiers…, qu’il aurait été plus compliqué de commander une fois le navire en mer.

Quelle action vous a le plus marqué jusqu’à présent dans le cadre de cet engagement ?
Ce fût l’évacuation médicale orchestrée dans la nuit du 24 au 25 avril. Je n’étais pas directement concerné : j’ai uniquement entendu une « diffusion » qui rappelait les pilotes et les médecins impliqués. Mon travail n’a donc pas été directement impacté. Cependant, c’est suite aux différents témoignages et retours d’expérience de cette manœuvre que j’ai compris les enjeux de cette mission et son importance pour chaque marin engagé sur le bâtiment. Cette action nécessitait de transporter un patient atteint du Covid-19 dans des conditions complexes et dans un temps limité. Qu’ils soient responsables de l’aviation, de la navigation du bâtiment, de la restauration, de la logistique ou du médical, cette opération n’aurait pas pu se réaliser sans l’intervention de chaque marin et du personnel embarqué… C’est dans ce genre de mission que l’on prend conscience de l’importance de sa place dans l’institution et la valeur de son engagement.

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