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Reconversion vers l’enseignement :« J’ai eu raison de suivre mon rêve ! »

La reconversion professionnelle a le vent en poupe. Tromper l’ennui, se sentir utile ou encore redonner du sens à ce que l’on fait, voici quelques-unes des raisons qui ont poussé 22% des Français à changer de métier entre 2010 et 2015. C’est aussi le cas de Barbara Ferhat qui a quitté son emploi d’auxiliaire de puériculture pour devenir professeur des écoles. Déterminée et très impliquée, Barbara a accepté de raconter comment elle est parvenue à atteindre son rêve.

12 févr. 2020

3 minutes

« En 1996, j’ai quitté l’école à la fin de la Seconde. J’ai passé un CAP coiffure avant de bifurquer vers les métiers de l’enfance. J’ai alors obtenu un CAP petite enfance puis le diplôme d’État pour devenir auxiliaire de puériculture. Depuis toujours, je m’intéresse à la pédagogie et je me suis formée sur le développement autonome de l’enfant, sur sa psychologie, etc. Dans mes métiers, j’ai pu mettre certaines choses en place mais je restais une exécutante. La vérité, c’est que secrètement, je rêvais de mettre un pied dans l’enseignement pour être davantage dans la prise de décision. Mais je pensais que c’était un projet impossible pour moi qui n’ai pas le bac. Heureusement, en faisant des recherches, j’ai appris que le concours était accessible aux personnes ayant travaillé 5 ans. C’était mon cas ! À partir de là, je n’ai plus rien lâché. Je me suis inscrite à la préparation au concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE) proposée par Forprof. J’ai travaillé d’arrache-pied et sur 160 candidats reçus, j’ai été classée 31e.

« Mener une reconversion est particulièrement exigeant. »

Aujourd’hui, je suis Enseignante Fonctionnaire Stagiaire (EFS) dans une école de CM1 à Saint-Maur-des-Fossés. Mon quotidien est divisé entre des cours à la faculté et des semaines en classe, en alternance avec un autre EFS. À la fac, j’apprends à préparer mes cours, aborder les programmes, gérer les enfants. Malheureusement, les cours commencent à la rentrée. Pour être sûre de pouvoir assumer mes nouvelles responsabilités, je m’étais donc formée dès le mois de juillet, à mes frais, à la prise en main d’une classe. En septembre, j’étais prête et capable d’accueillir sereinement mes élèves.
Sur le plan personnel, mener une reconversion est particulièrement exigeant. Cela représente un investissement physique, mental et même financier. Il faut réussir à jongler entre sa vie familiale, la formation et ses objectifs professionnels. Malgré ces considérations logistiques, je ne regrette rien ! Aujourd’hui, j’adore mon métier. J’ai toujours hâte de reprendre ma classe après les semaines à la fac. J’ai le sentiment d’être à ma place. J’aime transmettre des savoirs et former ces enfants qui sont les citoyens de demain. Il faut dire que nous avons la chance de bénéficier d’une grande liberté pédagogique.

« La reconnaissance de mes élèves et de leurs parents m’encourage ! »

Récemment, une fillette m’a glissé un papier sur lequel était écrit ‘Merci maîtresse, avec toi, j’apprends beaucoup’. Pour moi, c’est la reconnaissance ultime. Pareil lorsque j’ai compris qu’un de mes élèves, assez perturbateur, était en réalité atteint de Troubles obsessionnels du comportement (TOC). Jamais il n’avait été diagnostiqué. Grâce à mes formations passées, j’ai pu identifier son problème et lui proposer des outils pédagogiques adaptés. Son papa me dit qu’aujourd’hui, son fils vient avec joie à l’école. Ce type de témoignage me rassure. Avant, il m’arrivait de penser que j’avais perdu beaucoup de temps. Mais dans ce cas précis, c’est mon parcours qui m’a permis de mettre le doigt sur ce qui n’allait pas. Cela donne un écho très positif à ce que j’ai fait auparavant. À la fin de l’année, je serai diplômée et titularisée. C’est enthousiasmant ! Avant, j’admirais ce métier. Aujourd’hui, je le pratique avec bonheur. Même si ça n’a pas été tous les jours faciles, cela me conforte dans l’idée que j’ai eu raison de suivre mon rêve. »

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